
ARE ou ARCE : comment choisir en micro-entreprise ?
Vous êtes inscrit à France Travail et vous souhaitez créer votre auto-entreprise ? Même si votre activité génère un chiffre d’affaires, vous pouvez continuer à percevoir des aides sous conditions. Mais entre ARE et ARCE, il vous faudra faire un choix ! Versée de manière mensuelle pour la première ou sous forme de capital pour la seconde, ces aides constituent un levier non négligeable pour vous lancer. Nous faisons le point sur ces allocations chômage !
En bref
- ARE (Allocation d’aide au retour à l'emploi) :
- Versement mensuel de vos allocations chômage.
- Cumul possible avec les revenus de votre auto-entreprise sous certaines conditions.
- Revenu régulier, adapté si vous n'avez pas besoin d'un apport financier immédiat.
- ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) :
- Conversion de 60% de vos ARE en un capital unique.
- Versement en deux temps pour un lancement rapide.
- Pas d'impact des revenus de l’auto-entreprise sur l’aide.
Choix déterminant : Vous percevez des revenus mensuels réguliers ou vous avez un capital initial important ? En tant que micro-entrepreneur, analysez vos besoins financiers pour décider de la meilleure option !
L’ARE ou allocation de retour à l’emploi
1 - Définition de l’ARE
Les allocations chômage aussi appelées Allocation d’aide au Retour à l’Emploi (ARE) sont une source de revenu versée par France Travail anciennement appelé Pôle emploi.
Quel est l’intérêt de ce versement ? Il permet à tout demandeur d’emploi remplissant les conditions d’éligibilité de percevoir une indemnité. Cette aide a pour but de compenser la perte d’un revenu lié au travail.
Les allocations chômage varient selon plusieurs critères, notamment l’âge, le revenu perçu précédemment ou encore le montant du chiffre d’affaires (CA) dans le cas du cumul en micro-entreprise.
2 - Les conditions pour obtenir cette allocation
Le versement de l’allocation d'aide au retour à l’emploi (ARE) ou allocation chômage est soumis à plusieurs conditions :
- Être inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail ;
- La perte involontaire d’un emploi : licenciement (uniquement dans certains cas précis), non renouvellement d’un CDD, rupture conventionnelle d’un contrat de travail ou démission considérée comme légitime (par exemple, dans le cadre d’une mutation du conjoint) ;
- Ne pas avoir atteint l’âge minimum légal de départ à la retraite (62 ans) et/ou ne pas avoir la possibilité de partir en retraite à taux plein ;
- Résider en France ;
- S'engager à réaliser des actions pour retrouver un emploi.
Pour en bénéficier, France Travail va déterminer la période de référence. Il faut également avoir travaillé au moins 130 jours (soit 910 heures ou 6 mois) durant :
- les 24 derniers mois pour les personnes âgées de moins de 53 ans
- les 36 derniers mois pour les personnes de 53 ans et plus
Enfin, la demande d’affiliation doit intervenir dans les 12 mois suivant la rupture du contrat de travail.
Cas particulier : la reconversion professionnelle
Depuis le 1er janvier 2019, il est également possible de prétendre à l’ARE en cas de reconversion professionnelle amenant à une démission. Voici les conditions d’éligibilité :
- Être salarié sous contrat à durée indéterminée (CDI) dans une entreprise du secteur privé ;
- Justifier de minimum 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois ;
- Mener un projet de reconversion professionnelle bien préparé et apparaissant comme abouti et réalisable.
Afin d’ouvir vos droits, il vous faut donc constituer votre dossier dans le but d’obtenir une attestation validant la faisabilité de votre projet. La seconde étape est de prendre rendez-vous avec un opérateur d’un CEP (conseil en évolution professionnelle) qui valide votre démarche et vous délivre l’attestation.
Enfin, inscrivez-vous sur le site de France Travail. Vous avez un délai de 6 mois suivant la validation de votre dossier pour être reconnu comme demandeur d’emploi.
3 - Le calcul du montant d'une allocation d'aide : ARE
Pour calculer le montant de votre ARE, France Travail détermine votre Salaire Journalier de Référence (SJR). Celui-ci prend en compte tous vos salaires bruts perçus au cours des 24 derniers mois pour les moins de 53 ans et 36 derniers mois pour les 53 ans et plus, primes comprises.
Le montant de l’ARE est calculé de deux façons distinctes :
- à 57 % de votre salaire journalier de référence
- ou à 40,4% de votre salaire journalier de référence, auquel est additionné 13,11 €.
Le montant le plus élevé est conservé.
Pourquoi effectuer ce double calcul ? Il permet de tenir compte de votre ancienne rémunération. La première méthode de calcul étant un pourcentage fixe, le montant de l’allocation versé aux personnes qui avaient un faible revenu est plus avantageux !
Information importante
À noter également que l’ARE ne peut être inférieure à 31,97 € et ne peut être supérieur à 75 % de votre Salaire Journalier de Référence.
4 - Le versement de l’ARE
France Travail vous verse l’ARE une fois par mois, sur une durée qui varie en fonction de votre situation. Les facteurs pris en compte sont :
- la durée pendant laquelle vous êtes resté en emploi
- votre âge
À partir du 1er avril 2025, le montant versé ne varie plus selon le nombre de jours dans un mois. Il s’agit d’une mensualisation de la démarche sur une base fixe de 30 jours calendaires.
5 - Cumuler ARE et auto-entreprise : quels calculs ?
En principe, l'indemnisation en tant que demandeur d’emploi cesse dès lors que vous retrouvez une activité professionnelle.
Toutefois, depuis le 1er octobre 2014, vous pouvez cumuler, sous certaines conditions, ARE et revenus de votre auto-entreprise. À noter que vous devrez obligatoirement informer France Travail de votre création d’auto-entreprise.
L’essentiel à retenir en tant qu’auto-entrepreneur ? Vos allocations sont plafonnées à 60 % du capital de droits restants. En revanche, si vous cessez l’activité de votre micro-entreprise, vous pouvez faire la demande de ces droits.
Une fois que vous avez déclaré votre chiffre d’affaires auprès de Pôle emploi, l’organisme s’occupe de calculer le montant de votre ARE en 3 étapes.
Attention, il faut déclarer votre chiffre d'affaires tous les mois auprès de l'URSSAF, car c'est après cette déclaration que vous pouvez prouver vos revenus à France Travail, même si vous avez choisi la déclaration trimestrielle.
Étape 1 : l’application d’un abattement forfaitaire
En fonction de l’activité exercée, cet abattement forfaitaire est de :
- 71 % du chiffre d’affaires pour les activités d’achat-vente
- 50 % du chiffre d’affaires pour les activités de prestation de services
- 34 % du chiffre d’affaires pour les activités libérales
Grâce à cet abattement, France Travail estime ainsi le montant de vos revenus. En effet, avec le statut auto-entrepreneur, les charges ne sont pas déductibles. L’abattement permet donc de tenir compte des éventuelles charges engagées pour le compte de l’entreprise.
Exemple :
Un allocataire perçoit 1 000 euros d’ARE mensuelles. Ce dernier a lancé une activité d’achat vente de produits informatiques.
Au mois de janvier, il a réalisé 1 500 € de chiffre d’affaires.
Pour connaître le montant de l’ARE, il faut, en premier lieu, appliquer l’abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires. Il est de 71 % pour les activités d’achat-vente.
Le calcul est donc le suivant : 1 500 – 71 % = 1 500 – 1 065 = 435 €.
Étape 2 : une déduction de 70 %
Dans un second temps, pour connaître l’allocation que vous pouvez percevoir, il faudra déduire de l’ARE 70 % du montant obtenu après abattement forfaitaire.
Exemple :
Poursuivons avec notre allocataire. Pour calculer le montant de l’allocation à laquelle il est éligible, France Travail prend en compte 70 % de la somme obtenue avec le premier abattement lié à l’activité soit 435 - 70 % = 304,5 €.
Le montant de l’ARE partielle de janvier est donc égal à l’ARE - activité reprise, soit :
1 000 – 304,5 = 695,5 €
Étape 3 : le recalcul de la durée de vos droits au chômage
La part d’ARE non versée, du fait des gains réalisés par l’auto-entreprise, est convertie en nombre de jours supplémentaires de droits au chômage : c’est ce que l’on appelle le reliquat.
À noter que si l’auto-entreprise ne génère aucun chiffre d’affaires, les ARE seront maintenues dans leur totalité. Comme tout créateur d’entreprise individuelle, le plafond de l’allocation est fixé à 60 %. Cependant, si vous pouvez justifier d’un chiffre d’affaires de 0 €, alors il vous est également possible de faire une demande de réexamen de votre dossier auprès de l'Instance paritaire régionale (IPR).
Continuer à bénéficier de l’ARE permet donc de vous assurer une certaine stabilité financière avec l’assurance d’un revenu mensuel.
Pour aller plus loin : Comment actualiser sa situation auprès de France Travail ?
L’ARCE, un capital pour débuter son auto-entreprise
1 - L’ARCE : l’ARE sous la forme d’un capital
L’ARCE (Aide à la reprise ou à la création d’entreprise) permet de convertir 60% du montant total des ARE à percevoir sous la forme d’un capital.
Le but de cette somme est d’aider les créateurs ou repreneurs d’entreprise. Elle peut permettre de réaliser des investissements ou encore de constituer un premier apport à la souscription d’un prêt.
L’avantage de l’ARCE ? Son montant est invariable quel que soit le chiffre d’affaires de l’auto-entreprise.
2 - Les conditions d’obtention de l’ARCE
Pour percevoir l’ARCE, vous devez remplir plusieurs conditions :
- Être demandeur d’emploi et créer ou reprendre une entreprise
- Avoir obtenu l’Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise (ACRE)
Information importante
Attention, l’ARCE n’est pas cumulable avec l’ARE et n’est attribuée qu’une seule fois !
3 - Le versement de l’ARCE
Le versement de l’ARCE intervient en deux temps :
- La moitié du capital est versée lors de la création de l’auto-entreprise
- L’autre moitié est versée 6 mois plus tard à compter de la création de l’auto-entreprise (à condition que cette dernière soit toujours en activité).
Depuis le 1er avril 2025, il n’est plus possible d’exercer une activité salariée (CDI) à temps plein si vous souhaitez percevoir le second versement de l’ARCE.
4 - ARCE : exemple de calcul
Prenons le cas d’un auto-entrepreneur qui peut bénéficier de 1 000 euros d’ARE chaque mois pendant 2 ans (soit un total de 24 000 €).
Le montant total de l’ARCE s’élève donc à 24 000 x 60 % = 14 400 €
À ce calcul, il faut appliquer une déduction de 3 %, correspondant au financement des retraites complémentaires.
14 400 x 97 % = 13 968 €
S’il opte pour l’ARCE, il percevra :
- 6 984 € lors de la création de son auto-entreprise
- 6 984 € 6 mois après sa création à condition qu’il exerce toujours son activité non salariée.
Bon à savoir
Le passage de 45 % à 60 % a été validé par un décret du 26 janvier 2023.
Bénéficier à nouveau de l'ARE après avoir perçu l’ARCE : comment procéder ?
Si vous optez une ARCE, vous ne pouvez plus bénéficier de vos ARE.
Il existe toutefois deux cas de figures où le versement du reliquat de vos ARE peut reprendre.
Cas 1 : Vous fermez votre auto-entreprise
Si vous décidez finalement de fermer votre auto-entreprise, vous pouvez, sous certaines conditions, demander à bénéficier à nouveau de l’ARE. Les droits qui vous restaient la veille de votre création ou reprise d’auto-entreprise peuvent alors être repris. Ils seront cependant diminués du montant de l'ARCE qui a été versée.
Dans ce cas, vous devez alors vous réinscrire comme demandeur d’emploi. Pour ce faire, vous disposez d’un délai de 3 ans à compter de votre date d’admission à France Travail. Vous pouvez alors toucher les droits qui vous restaient après un différé. Une fois la période terminée et le délai dépassé, vous perdez vos droits.
Bon à savoir
Vous souhaitez vous consacrer à d’autres projets ? Les conseillers du Portail Auto-Entrepreneur peuvent vous accompagner dans toutes vos formalités de cessation d'activité.
Cas numéro 2 : Vous reprenez vos droits sans avoir cessé votre activité non salariée
Si, jusqu’au 31 mars 2025, il était possible de percevoir de nouveau le versement de l’ARE sans avoir clôturé son activité indépendante, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
En effet, pour bénéficier d'une reprise de droit de l'ARE, vous devez impérativement avoir cessé votre activité non salariée (micro-entreprise).
Maintien de l’ARE ou versement de l’ARCE ?
Bénéficier d’une allocation chômage mensuelle ou profiter de deux versements plus importants à deux mois d’intervalle ? C’est à vous de décider ! Pour vous aider, on vous dresse la liste des points sur lesquels vous pencher.
Un revenu continu ou un capital important ?
En choisissant l’option du maintien de l’ARE, vous continuez de percevoir un capital de manière régulière, si et seulement si vous ne touchez pas un revenu considéré comme trop généreux au sein de votre micro-entreprise. Ce choix est intéressant si vous n’avez pas besoin d’un apport d’argent important en une seule fois pour lancer votre auto-entreprise. Désormais, la création ou la reprise d’une micro-entreprise limite les droits d’indemnisation restants à 60 %.
En revanche, en optant pour l’ARCE, vous touchez un capital plus généreux dès le début de votre activité. Cette somme permet de vous aider à vous lancer dans le monde de l’entrepreneuriat. Comme avec l’ARE, vous ne percevez que 60 % de vos droits d’indemnisation restants.
Quel impact sur le cumul de mes revenus ?
Lorsque vous faites le choix de l’ARE, votre allocation est calculée en fonction de votre revenu. Vous l’avez compris, plus votre activité génère du revenu et moins vous percevez d’aide.
À l’inverse, en optant pour l’ARCE, le montant de vos revenus n’a aucun impact sur le versement de votre aide. En effet, vous recevez dans tous les cas un taux fixe de 60 % de votre ARE.
Choisir entre ARE et ARCE n’est donc pas anodin. Prenez le temps de bien définir votre projet et d’analyser vos besoins financiers avant de trancher !
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